Evernight – Ep. 02

Evernight – Ep. 02

Présents : Catulla (X.O.), Hamilton Mc Cormak (Arnok), Odel Razakar (Casa), Aelyn Sombre-Feuille (Chris)

Personnages impliqués : Jacob Galstaf, Trabian Galstaf, Simon Rothleg, Jonasz Skulf, Bareena, Saler Falon, Émile Keswraith, Coeur Vaillant

Coeur Vaillant enchantait tous les clients de l’auberge. Nous-mêmes oubliâmes l’espace d’un instant ce pour quoi nous étions là. L’histoire qu’il psalmodiait, accompagnée par des accords plaqués sur son tricorne, racontait comment les Septs étaient venus à bout des trolls des mers pour sauver l’équipage de Katrina, une capitaine au long court. Les héros légendaires refusèrent même, nous dit Coeur Vaillant, les récompenses du roi Kaden.

Mais le devoir nous appelait, nous, les quatre jeunes héros promis à un destin hors du commun. Salués par les spectateurs, nous sortîmes de l’auberge pour aller détacher nos chevaux et tenir nos engagements.

À la porte, Saler Falon, toujours à son poste, nous accueilli comme à l’aller, avec un grand sourire et en secouant son moignon.

— Alors vous ne restez pas ?

— Et bien non, le devoir nous appelle. Nous avons une mission et comme vous nous l’aviez dit, Émile nous a fourni les informations que nous recherchions.

— Bien, mais faites attention. De nuit, l’endroit n’est pas sûr. D’ailleurs, trois de nos bucherons ne sont pas encore rentrés. Si vous les rencontrez, dites-leur de ne pas tarder.

— Nous n’y manquerons pas.

— Portez-vous bien et bonne chance à vous.

— Merci, Saler ! Nous reviendrons pour écouter d’autres histoires que voudrait bien nous raconter Coeur Vaillant.

Au loin, l’orage grondait au-dessus des montagnes. La lumière bleutée de la foudre ne suffisait pas à éclairer le chemin. Alors que le bord de la rivière que nous suivions à contre-courant commençait vers une crête, Olden posa sa main sur mon bras et silencieusement nous demanda de nous arrêter.

— Vous avez entendu, murmura-t-il ?

— Euh non… C’était quoi ?

— Des cris, des disputes et des aboiements.

— Effectivement, maintenant que tu le dis.

— Il faut absolument aller voir ce qu’il se passe. J’y vais en éclaireur, dit Olden en partant sans attendre la réponse.

— Je t’accompagne, deux paires d’yeux valent mieux qu’une, répondis-je lui emboitant le pas.

Olden et moi, nous enfonçâmes dans la forêt. J’étais enfin à mon aise ici. Des arbres et des fougères, rien de mieux pour se dissimuler d’éventuelles ennemies. Au bout de quelques centaines de mètres, la lumière d’un feu qui perçait au travers des feuillages nous révéla la présence d’un camp. Ici, les aboiements de chien ne faisaient aucun doute quant à la férocité des bêtes. Prudemment, nous nous avançâmes en direction de la lumière. Alors que j’espérais sincèrement tomber sur les trois bucherons dont nous avait parlé Saler une petite heure plus tôt, ce fût un groupe d’orcs que nous surprime entrain de laisser leurs deux molosses effrayer deux pauvres bougres attachés à un arbre.

— Il faut retourner voir les autres et libérer ces gens, chuchotais-je à Olden en lui collant la main à l’oreille.

— Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux que je fasse la poule ?

— Hein ?

— Euh… non rien.

Nos camarades nous attendaient un peu à l’écart du chemin. La description de ce que nous avions vu déclencha un grand débat, Hamilton voulant attaquer de front, Catulla préférant passer son chemin, Odel désirant faire diversion et remettre son histoire de poule sur le tapis. Finalement, c’est ma stratégie qui fut choisie. Nous allions approcher discrètement. Puis une fois arrivés à portée de flèches, j’en planterais quelques-unes dans les yeux d’un des chiens pendant qu’Odel ferait de son mieux pour affaiblir les orcs.

Tout se déroula à merveille. La pluie couvrait le bruit de mes compagnons ce qui évita la catastrophe. Dès ma première flèche, un des molosses tomba dans un piaillement revigorant. Odel congela littéralement le chef de la bande dans un grand nuage glacé. Les monstres paniqués ne purent que subir les assauts de Hamilton. Seule Catulla joua de malchance et du subir les coups de l’orc en armure et ne put que se mettre en boule afin de ne pas mourir sur les assauts du monstre. Odel sortit même son pion pour être aidé par un soldat de pierre qui ne fit qu’une bouchée de ses assaillants. Pendant ce temps, je tuais le second loup et blessai un de nos assaillants. Je montrai même à Hamilton que je savais me battre à l’épée. Il fut d’ailleurs un peu vexé que j’aie la même arme que lui. Les hommes sont ainsi, il faut toujours qu’ils aient la plus grande. Devant notre maitrise, le grand orc ainsi qu’un de ses compagnons n’eurent finalement pas d’autre choix que de prendre leurs jambes à leur cou et laisser les corps de leurs compagnons sur place. Résultat de notre intervention, le monde comptera deux gros loups féroces et une demi-douzaine d’orcs en moins. Nous libérâmes les deux bucherons en nous souciant du destin du troisième dont Saler nous avait parlé lorsque nous passions la porte d’Aragron. Ils nous demandèrent à quelles compagnies nous appartenions pour pouvoir chanter nos louanges. Nous répondîmes « Les quatre » tout en nous disant qu’il fallait vraiment que nous nous trouvions un nom. Après avoir fouillé le camp, je rendis aux bucherons leurs équipements trouvés dans les tentes et nous gardâmes les 90 sols. Cela nous servira surement pour nos prochaines aventures. Hamilton, dans un grand éclat de lumière, permit à Catulla de repartir sans blessures. Le combat aura été rude pour elle.

Nous retrouvâmes nos chevaux pour continuer à longer la rivière. Nous atteignîmes sans aucune difficulté le Roc Du Griffon. Émile Keswraith ne nous avait pas menti, nous ne pouvions pas le rater. Nous descendîmes de nos montures pour emprunter le chemin de chèvre, comme le nain nous l’avait conseillé. Les pierres, mouillées par la pluie qui redoublait, transformaient notre route en un calvaire. Catulla, pas encore tout à fait remise de ses blessures, était exténuée. Nous avions presque l’impression que sa lance la portait plutôt que l’inverse. Le sentier était rude, irrégulier. La lumière de la torche trompait nos sens en projetant des ombres qui cachaient les trous formés par les intempéries. Ce fut non sans mal que nous arrivâmes sur la corniche où nous devions trouver les ruines Sa-Karan.

À l’abri d’un bosquet, quatre chevaux attachés, attendait patiemment, un sabot relevé, leur cavalier respectif. J’approchai des équidés pour vérifier ce que notre intuition nous criait. Était-ce bien les montures des hommes que nous recherchions ? Les insignes poinçonnés sur les selles et sur les sacoches écartaient le moindre doute. Un cheval et son cavalier encapuchonné dans une longue tunique rouge identifiaient à coup sûr les Cavaliers Écarlates. Nous étions au bon endroit.

Hamilton et Odel partirent en éclaireur pendant que Catulla reprenait son souffle et que je sécurisais nos montures. Ils revinrent très vite nous rendre compte de leur découverte. Une immense grotte s’ouvrait à flanc de montagne. Ils nous accompagnèrent jusqu’à l’entrée couverte d’humus. Je m’accroupis pour inspecter l’endroit. Des traces fraîches du passage de quatre personnes chaussées de bottes nous assuraient que Trabian Galstaf et ses compagnons étaient bien passés par ici. Il nous faudrait entrer dans les ruines pour les y retrouver et transmettre au fils du négociant, la précieuse missive.

La grotte était grande. Au sol, la poussière quasiment fossilisée prit la place de la fine couche de compost. L’odeur de terre fraîche et de feuilles mortes fut vite remplacée par ce mélange de fragrance minérale et de parfum de champignons caractéristique des cavernes. Le silence étouffa, de manière presque dérangeante, les bruits de l’orage qui grondait au-dehors. Évidemment, il y avait des bifurcations et il fallut faire des choix. Évidemment, mes compagnons choisirent la difficulté et décidèrent d’emprunter la galerie nous obligeant à passer au-dessus d’une fosse dont le fond hérissé de pics en bois ne laissait guère de doute quant à l’intention des architectes de ce lieu. Je me sacrifiai pour porter la torche et ainsi prendre tous les risques à la place de mon groupe. Et cela ne manqua pas, alors que je grimpais difficilement d’une seule main à la paroi du boyau, mon autre main portant la torche, Catulla me mit le manche de sa lance dans l’œil. Cela partait d’un bon sentiment bien sûr, la jeune femme ne voulait que m’aider. Mais la douleur fut si vive que j’eus ce réflexe idiot de lancer la paroi pour me protéger l’œil. D’un autre côté, une archère borgne ne serait probablement pas aussi efficace. La gravité aidant, je ne pus que tomber lourdement au fond de la fosse où, fort heureusement, les pics vermoulus ne traversèrent pas le cuir de mon armure. Le choc fut tout de même suffisant pour que je doive rester quelques secondes assise au sol avant de reprendre mes esprits. Mes compagnons hilares m’aidèrent à remonter. Je leur fis croire que je riais avec eux, mais j’étais vexée comme un pou.

Il nous fallait à nouveau choisir de quel côté partir ! À droite ou à gauche ?

— Si on est parti à gauche la première fois, il faut continuer à gauche, insista Hamilton.

Nous partîmes donc… à droite. Le tunnel menait dans un endroit extraordinairement beau, rempli de cristaux noirs et creux, en forme de nid d’abeille. Odel nous raconta que ces formations étaient des restes des ruches arachnéennes. La matière gluante à partir de laquelle ces structures étaient construites devenait plus dure que la pierre en séchant. La galerie se refermait rapidement et nous fûmes forcés de revenir sur nos pas. Heureusement, j’avais laissé des marques au sol afin que nous ne nous perdions pas. Hamilton s’arrêta, nous regardant d’un air consterné, les points sur les hanches.

— Je vous avais bien dit qu’il fallait prendre à gauche !

> Épisode 3

Dramatis Personae

Bareena est une aventurière dératisatrice. Les héros l’ont rencontrée dans les égouts de Port-Royal alors qu’elle était entrain de se débarrasser de nuées de rats. Ils l’ont aidé dans sa tâche. Elle connait Albian Galstaf et nous a indiqué où il était parti.

Jacob Galstaf est le premier commanditaire des héros. C’est un riche marchand d’épices, très proche de la noblesse de Port-Royal. Il a fait passer une annonce discrète à laquelle ils ont répondu. Parmi les groupes d’aventuriers qu’il fait travailler, il y a les Sept… et nous.

Simon Rothleg est le secrétaire particulier des Galstaf. C’est lui qui a expliqué aux héros en quoi consistait leur première mission. Il semble désinvolte, souriant et avenant.

Trabian Galstaf est le fils de Jacob Galstaf. Il est membre des Cavalier Écarlate.

Jonasz Skulf tient le bar de la célèbre taverne de Port Royal l’Ombre du Roi.

Les héros ont rencontré Saler Falon alors qu’il gardait la palissade à Aragron. C’est un ancien chevalier rouge. Il a perdu son bras au court d’une aventure et a été soigné dans le village où il habite aujourd’hui.

Émile Keswraith est un prospecteur nain. Il nous a indiqué où se trouvait les ruine Sa-Karan qu’Albian Galstaf cherchait à explorer.

Ralugon est un nain à la réputation jovial. Il est le chef des Briseurs de Golem. Les héros l’ont croisé au début de leurs aventures alors qu’ils se rendaient à Aragron.

Coeur Vaillant est un célèbre troubadour. Nous l’avons rencontré dans une auberge à Aragron où il nous a raconté l’histoire des Septs et du roi troll.

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